Grand crié
Spectacle plus en tournée.
Si un nouveau-né venait au monde avec la maîtrise d’une langue, sa première parole serait : « Je hurle ». Par la suite évidemment, il décomposerait : il entrerait dans certaines nuances tirées de ses expériences initiales. « Je hurle que je respire », « je hurle de colère », « je hurle de faim ». Dans un premier temps, la communauté qui nous accueille nous écoute avec une oreille bienveillante. Par la suite, notre cri se raffine. Il se module, s’attendrit, demande et bientôt n’exige plus. L’apprentissage de la langue commence avec la division du cri en deux auxiliaires : être et avoir (ainsi : je suis là et j’ai faim). Puis, de divisions en imitations, le bébé acquiert le vocabulaire commun : il devient un enfant. Apprendre à communiquer, c’est tailler dans un bloc de cri des morceaux de langage avec lesquels construire des phrases. Remarquant que nos cris ont progressivement tendance à nous mettre à l’écart du monde et à contrarier nos interlocuteurs, nous avons fini par en réduire considérablement l’usage ; Ce qui était la première intuition du nouveau-né, tend à devenir, en grandissant, l’exception. Parallèlement à ce raffinement du cri qui progresse vers le langage, le corps du nouveau-né, à mesure que ses os, sa musculature, ses organes se développent, va apprendre les rudiments du corps social. Et ce n’est pas la marche qui est la première étape de l’accès du nourrisson au statut d’enfant, mais la propreté. C’est dans le contrôle de l’urine et des selles que l’enfant se rend supportable au groupe, et peut commencer à interagir.
Subversif, revendicatif, festif, agressif ou craintif, le cri est polyphonique. L’ensemble Facture en décline toutes les gammes le temps d’un poème chorégraphique, entre carnaval silencieux et méditation chaotique, qui manie avec virtuosité le lipsynch, technique très prisée des numéros de cabaret.
Oscillant entre esthétique du cabaret, de la conférence et de la poésie sonore, la pièce se construit sur un rapport entre ce qui est dit (le conférencier) et les corps des interprètes, pour créer un poème dramatique et chorégraphique qui semble demander aux spectateurrice.s : « est-ce que vous nous entendez », avec un mélange d’humour naïf et de profonde inquiétude.
▾
Création 2022.
55minutes.
À partir de 12ans.
▾
▾
L'équipe
CONCEPTION, TEXTES ET CHORÉGRAPHIES : Nicolas BARRY
INTERPRÉTATION : Sophie BILLON, Nangaline GOMIS et Julien MESLAGE
COMPOSITEUR : Martin PONCET
CONCEPTION LUMIÈRE : Lucien VALLÉ
TEXTES DU LIVRET – DRAMATURGIE : Mathilde SOULHEBAN
ARTISTE PEINTRE : Claude DHONDT
ADMINISTRATION ET PRODUCTION : Bureau d’Accompagnement STP
▾
Production : Ensemble facture.
Co-productions : Les SUBS – Lieu vivant d’expériences artistiques, Théâtre de la Ville – Paris.
Soutien / Aide à l’expérimentation : RAMDAM – un centre d’art.
Résidence d’expérimentation : CN D Lyon, DRAC Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre de l’aide au projet, Région Auvergne-Rhône-Alpes.
SPEDIDAM – Soutiens à la Bande Originale / Aide à la création.
Avec le soutien de l’Assemblée, fabrique artistique / Cie du Bonhomme (Lyon).
Avec le soutien de la Maison de la Danse, pôle européen de création (Lyon).